Ironman de Nice, saison 2018. Rien que le nom de la course fait peur, ou fait rêver. Pour ma part c’est plutôt le rêve de passer sous la barre des 10h qui me tient à cœur depuis le mois d’août 2017. C’est mon objectif de saison, j’y travaille depuis ces 6 derniers mois.

Rendez vous est donc pris dès le vendredi 22 juin pour récupérer le dossard et décompresser.

Samedi matin c’est le briefing athlètes avec mon coach Guy Hemmerlin. Une heure d’échanges pour répondre aux dernières questions. Ensuite petit tour à vélo et quelques foulées à pied pour débloquer le corps pour la course du lendemain.

Vient ensuite le moment de déposer le bike et les sacs de transition. Tout ça sous la pluie. Oui même à la fin juin il pleut à Nice !

Samedi soir au lit à 9h, pour un réveil prévu à 4h. Deux réveils plus tard me voilà sur le pont pour une journée qui s’annonce très longue et qui sera couronné de succès, tout du moins je l’espère.

Entrée dans l’aire de transition pour préparer le vélo, il est 5h30. Ça pique.

Direction la plage à 6h pour l’échauffement à base de footing et coups de bras dans la mer.

Puis nous voilà au grand moment. Il est 6h30 et le départ des groupes d’âge est donné.

Départ rapide avec une allure moyenne sur les 500 premiers mètres à 1’18 et je tiens très bien mon objectif de sortir en 56’ jusqu’au 2km (allure moyenne 1’26).

Ensuite sur la deuxième boucle je ne sais pas trop ce qui se passe mais je n’avance plus et je perds 3’. Je sors de l’eau en 59’ soit 1’ plus lent que l’année dernière.

Ça démarrait pas de la meilleure façon qu’il soit mais aucune inquiétude, je me dis qu’il vaut mieux perdre 1’ en natation et en gagner 30 à vélo, surtout que physiquement je suis plus frais.

Je ne traîne pas trop à T1 et j’enfourche vite mon vélo. Dès le début les sensations sont bonnes. Tous les voyants sont au vert alors je maintiens le cap. Je me fais peu reprendre, c’est plutôt bon signe.

Arrivée dans la grosse difficulté du parcours, dans le col de l’Ecre, je prendrai quelques risques en écrasant un peu les pédales, le cardio montera régulièrement dans le rouge. Ça paye puisque je passe l’Ecre en 2h29, pile dans mon objectif, et avec 15’ d’avance sur l’année dernière.

Ensuite c’est une succession de faux plats et descentes. Mauvaise nouvelle je ne suis pas assez dentés sur le gros plateaux les jambes tournent trop vite et la puissance n’est pas suffisante. Malgré tout je ne me fais pas tant doubler.

Passage du km120 en 4h01 je suis toujours dans mon timing avant d’attaquer les grandes descentes vers Nice. Je descends fort et ne me fait pas distancer!

Les derniers kilomètres vent de face sont longs et durs mentalement, il faut juste être patient et j’en profite pour prépare le marathon.

Retour au parc en 5h20. Très content et surpris de ce chrono. Je pense être dans les 100 premiers vu le peu de vélo accrocher. Côté watts c’est 256W de NP. Physiquement ça va mais je me demande quand même comment je fais pour tenir! Alors ça va donner quoi ce marathon?!

Au passage à T2 ça va plus vite car je n’ai que mes chaussures à enfiler. En 3 minutes je suis déjà parti à pieds.

Le départ est canon! Les premières foulées sont à plus de 14km/h! Je calme rapidement le jeu car je sais qu’à c rythme je ne vais pas tenir longtemps! Ensuite je suis calé entre 4’40 / 4’45. Je me demande si le corps va tenir…

Les kilomètres défilent. Première boucle ça va, il y a vraiment peu de monde sur la Promenade des Anglais. La seconde je commence à trouver le temps long et il me reste encore plus d’un semi-marathon à faire!

Je prends mon mal en patiente et gère tant bien que mal ces sensations où se mélange l’excitation de la course, de réussir mon défi, mais aussi la souffrance endurée depuis quelques heures.

A partir du 30è je ne regarde plus le cardio, seulement mon temps total car l’objectif reste de finir avant les 10h de course.


Les pauses aux ravitos sont de plus en plus longues et c’est aussi de plus en plus difficile de relancer. Je me demande si le corps va repartir. J’y vais doucement, après coup je m’apercevrais que j’aurai perdu 2 minutes sur les derniers ravitos.

Physiquement c’est dur, je suis raide de partout. Arrive les 4 derniers km, nous sommes plusieurs du même groupe d’âge à être dans la dernière ligne droite.

Je n’ai pas envie de finir dernier de ce groupe alors je m’emploie à me bouger les jambes pour aller franchir la ligne en 9h52!


C’est magique…

C’est 55’ de gagner par-rapport à l’année dernière et qu’importe que la qualif pour Kona ne soit pas là je suis entièrement satisfait du résultat. Je n’ai pas eu de gros coup de moins bien comme l’année dernière, je progresse donc au niveau gestion et c’est bien pour les prochaines échéances.

Maintenant je vais récupérer! Pas de Kona donc pas de pression de reprendre l’entraînement rapidement. Je pense faire un petit trail mi juillet puis un triathlon M début septembre. Je vais réfléchir au(x) objectif(s) de fin de saison.

Un grand merci à l’organisation Ironman France Nice et son équipe, pour leur accueil, leurs sourires. Merci aux nombreux bénévoles, les forces de l’ordre et sécurité tout le long du parcours pour nous permettre de pratiquer notre passion dans d’excellentes conditions ainsi que mes partenaires.