Triathlon Ironman Nice 2017, où comment vivre mon rêve tout éveillé.

Pour ceux d’entre vous qui me suivent depuis quelques temps déjà, vous savez que je poursuivais mon rêve de devenir finisher d’un Ironman depuis que je me suis remis au sport à la mi-année 2014.

A cette époque, lors de ma première course officielle d’un peu plus de 5km, je ressemblais à ça:

Que de chemin parcourus depuis! Que de moments de doutes, de bonheur, mais aussi des moments un peu plus difficiles comme en Avril dernier lorsque je me suis fracturé mon péroné.

Aujourd’hui me voilà finisher d’un des plus emblématique Ironman du monde, çelui de Nice. Et voici mon compte rendu!

Comme un premier Ironman n’est pas une course anodine j’avais choisi de bien faire les choses en prenant des congés afin d’être bien reposé et disposé à me concentrer que sur la course.

Après une préparation aux petits oignons qui s’était finit sur une belle course du triathlon M de Marseille (compte rendu à lire ici), j’étais plutôt serein en mes capacités, mais aussi anxieux de me lancer dans l’inconnu des distances Ironman.

Bien qu’ayant quelques idées de chronos derrière la tête je m’étais fixé un maximum de 11h repartit selon 1h de natation, 6h de vélo et 4h pour le marathon. A ceci Il faut ajouter les transitions où je m’étais dit « pas plus de 10 minutes! ».

Mais tout ça c’était dans le meilleur des cas! Car sur Ironman les défaillances peuvent vites arriver et faire très mal. Adieu les chronos dans ces cas là. Cette année, la course ayant lieu le 23 Juillet la chaleur allait être au rendez-vous, un élément de plus à prendre en compte.

Nous voici donc le 21 Juillet et j’arrive sur Nice. Après les quelques petits moments de stress pour trouver l’appartement, puis une place pour se garer, voici enfin le moment de décompresser et d’aller récupérer le dossard. Je conclus la journée par une séance de natation en mer rapide afin de prendre quelques repères.

Une bonne dernière grosse nuit de sommeil dans la tête et nous voilà déjà samedi matin. Rendez-vous au briefing de course, Il est 11h du matin et il fait déjà très chaud. Dire que dans 24h je serai sur le bike…

L’après-midi c’est un dernier petit enchaînement de vélo / course à pied afin de vérifier une dernière fois le matériel avant d’aller le déposer au parc à vélo.

Nous voilà déjà samedi soir et le départ est désormais dans moins de 12h.

Je file au lit à 21h30. Malgré un état d’esprit plutôt calme, la chaleur et le concert qui ont lieu juste à quelques mètres de l’appartement ne me permettront pas de m’endormir avant 22h30.

A 4h c’est le réveil! Pas trop la tête dans le brouillard, je prends mon petit déjeuner et me prépare sereinement.

Puis c’est l’heure de rejoindre le parc à vélo pour les derniers préparatifs, l’échauffement et enfin le grand départ.

Comme à mon habitude je suis mon petit rituel, les gestes se déroulent comme si Ils avaient été de multiples fois répétés.

Il est 6h20, Il fait frais, le soleil se lève et nous sommes presque 2000 athlètes amassés dans la ligne de départ de cet Ironman de Nice 2017.

Une chorale fait résonner La Marseillaise sur La Promenade des Anglais. Ce même endroit qui avait été le lieu des immondes attentats perpétrés un an plus tôt. L’Ironman est le premier événement qui a lieu sur La Prom depuis ce tragique événement il y a plus d’un an.

Il est désormais 6h25 et le premier coup de corne retentit et c’est les PRO qui ouvrent le bal. Cinq minutes plus tard le rolling start des amateurs est lancé et je pars dans les premiers.

Au bout de quelques mètres l’objectif est simple, me caler le plus possible dans les pieds. Nous nageons tellement en paquet que cela n’est pas difficile…

Les mètres défilent à toutes vitesses, le passage du 1km en moins de 15′ est juste impressionnant. Même ma montre n’en revient pas!

Passage du premier tour, soit 2,8km, avec une allure moyenne de 1’28/100m. Pour le deuxième tour je décide de calmer un peu le jeu pour éviter de brûler trop de cartouches car la journée va être encore longue. Malheureusement je calme tellement le jeu que lors du passage d’une bouée je me retrouve isolé. Le groupe dans lequel j’étais se trouve 15m devant moi. J’essaye de faire l’effort pour recoler mais je n’y arrive pas. Je me concentre sur ma nage et sur le fait de récupérer avant d’entamer le vélo.

Plus que quelques mètres avant de toucher la terre ferme et de découvrir mon super chrono de 58‘ ! Ouah ! C’est super! La course commence bien.

Je file à T2. Je récupère mon sac contenant mon casque et mon dossard, je m’équipe, range mes affaires de natation puis court à mon vélo.

À la sortie du parc c’est partit pour 180km de vélo à travers l’arrière pays niçois. Un petit coucou à la famille sur le bas côté et c’est le moment de se concentrer sur le plan de course.

Ce que je dois faire durant ces 180km j’ai le temps d’y penser. Le plus difficile est d’avoir la lucidité nécessaire pour s’en rappeler. Du coup j’avais mis en place un petit mémo sur ma gourde avec tous les points importants en fonction des kilomètres.

Pour résumer la partie vélo, c’est une longue sortie où tu manges et bois tout le temps. Mon vélo était un buffet.

La première partie du parcours jusqu’au col de l’Ecre (au km 70) est la plus difficile car il y a plus de 1000m de dénivelé positif. Heureusement tout en haut du col nous avons le ravito perso pour refaire le plein d’énergie!

Ensuite sur les parties plutôt plates je me suis retrouvé avec le vent de face!

Jusqu’au km120 le parcours est assez agréable et offre des paysages grandioses. Loin d’être de tout repos Il est nécessaire de relancer régulièrement et de bien calculer ses trajectoires afin de ne pas perdre de temps.

Cela devient de plus en plus vrai vers le KM110 avec un aller / retour de 10km presque plat où il ne vaut mieux pas rater sa trajectoire.

Arrivée au KM120, beaucoup m’ont dit, tu verras c’est finit! Dans ma tête je me suis quand même répondu Il reste 60km… oui mais voilà c’est presque uniquement de la descente ou du plat.

Alors oui ça va vite, même beaucoup trop vite pour moi. Je perds un temps fou dans ces parties techniques, et je prends un coup de froid dans le dos quand je découvre au détour d’un virage un coureur allongé au sol et inconscient.

Je préfère la jouer prudent sur ces derniers kilomètres, et ne pas finir dans le décors en mettant toutes mes heures de préparation aux oubliettes.

Une fois les grosses descentes derrières moi me revoici sur la route du Saint Laurent du Var puis sur La Promenade des Anglais. Un seul mot en tête, récupère! Je suis seul, personne 500m devant, ni derrière.

Le but est de faire tomber le cardio le plus possible pour entamer le marathon dans les meilleures conditions possibles.

L’arrivée au parc à vélo pour T2 est enivrante, c’est noir de monde et les encouragements sont nombreux.

Une fois dans le parc je découvre avec stupeur qu’il est pratiquement vide malgré que j’ai presque mis 6h au compteur pour boucler la partie vélo. Je m’attendais à mieux mais au final je ne regrette pas cette gestion « non agressive ».

A T2 j’avais choisi l’option changement complet de tenue afin de partir sur le marathon « comme neuf ».

Dès les premières foulées je sens que les sensations sont correctes, et que le cardio n’explose pas. C’est une bonne chose!

Les 10 premiers kilomètres se passent bien, je suis à l’aise et le cardio est stable. Il n’y a pas grand monde sur le parcours marathon, c’est agréable d’avoir la place de parcourir cette magnifique promenade !

Vers le 15è km je commence à trouver le temps long et je commence à souffrir de la chaleur. Je profite de chaque ravitaillement pour me rafraîchir le corps et augmenter les prises de boissons.

Passage du deuxième tour (sur les 4), soit du semi-marathon. Je suis à 1h50 de course. Rapide calcule dans ma tête, si tout va bien je peux finir le marathon en 3h40.

Les kilomètres continuent de s’enchaîner sur La Prom’. Nous sommes de plus en plus au fil des kilomètres et Il est désormais nécessaire de zigzaguer entre les participants et de jouer des coudes aux ravitaillements.

Vers le 25è je commence à ressentir la fatigue, lors des arrêts aux ravitos Il devient de plus en plus difficile de relancer. En plus le vent se lève, la chaleur va crescendo, rien pour nous faciliter la course!

Le retour entre l’aéroport et le parc à vélo (aussi ligne d’arrivée) devient difficile. Au passage du 30è, je récupère le dernier chouchou (qui prouve le nombre de tour) et donc j’attaque mon dernier tour. Mentalement j’ai un coup de mieux! Je me dis qu’il me reste 10km et que je peux commencer à me faire plaisir et lâcher les chevaux!

Alors j’y vais… mais c’est de courte durée car 3km plus loin je me prends un coup de bambou à la sortie d’un ravito avec un point de côté puis des envies de nausées… je sers les dents et continue de courir pendant 1km mais cela devient de plus en plus difficile de respirer profondément.

Étant dans une bonne course depuis le début de la journée et après quelques calculs je décide de m’accorder une pause de 2 minutes de marche pour reprendre mes esprits et récupérer. Cette option « no risk » est payante puisque le cardio descend bien et mon point de côté disparaît!

Je repars de plus belle pour les derniers kilomètres de ma course. Puis me vient une idée « stupide », allez chercher le sub10h50 ! Pourquoi, je ne sais pas! Sûrement le dernier défi de cette folle journée…

J’accélère, ma foulée devient de plus en plus aérienne, je double beaucoup de monde, je saute le dernier ravito et j’aperçois enfin au loin cette mythique lignée d’arrivée!

Je commence à pleinement savourer ces derniers mètres, le public est en feu. Ça crie de partout, ça fait du bruit, ça chante, c’est énorme! C’est magique!

J’arrive à la bifurcation « continuer / finish line ». Je prends à droite direction La ligne de la délivrance. Je suis tout seul, j’ai la ligne entière pour moi tout seul. Impossible de décrire ce moment extraordinaire, cette sensation de bien-être dans ce corps aux bords de la limite. Ce public en délire qui semble plus heureux et motivé que moi d’être ici. C’est fabuleux!

Je passe la ligne, quel sentiment d’accomplissement! Mais quelle fatigue aussi. Je pose mes fesses au premier endroit libre que je trouve. Je reste sur place pendant quelques minutes afin de retrouver mes esprits puis je file récupérer mon t-shirt finisher et profiter des services complets d’Ironman (massages, buffet, boisson…).

Ayant gagné un pass after finish le vendredi grâce à l’organisation je peux partager tous ces derniers instants en famille et ce fut vraiment excellent.

Pour un premier Ironman c’était super! Je ne pouvais pas espérer mieux. Une organisation au top, des parcours magnifiques. Une natation de 3800m exactement, le parcours vélo très bien signalé avec des ravitos en nombre et de qualité. Le marathon je n’ai jamais vu plus de 100m sans spectateurs, sans encouragements, et au combien c’est important dans ces courses! Vraiment c’était top!

Au final je boucle mon premier Ironman avec des chronos de 58′ en natation, 5h58 à vélo et 3h44 sur le marathon. Un temps total de 10h49 me place en dessous de mon objectif des 11h. Seul petit regret de ne pas avoir fait mieux à vélo, un temps entre 5h30 et 5h45 aurait été top.
Côté classement je finis à la 119è place scratch sur 1900 partants et 24è de ma catégorie sur 300.

Maintenant que mon objectif de l’année est passé je laisse place à une longue phase de récupération bien méritée avant de repartir vers de nouvelles courses, probablement début septembre…

Un grand merci à l’organisation, c’était top! Les nombreux bénévoles très souriant et d’une gentillesse incroyable, les forces de l’ordre et sécurité tout le long du parcours pour nous permettre de pratiquer notre passion dans d’excellentes conditions ainsi que mes partenaires.