Ira… ou ira pas? Telle est la question en ce dimanche soir du 20 Mai! Mais pour en arriver voilà mon récit de cet Ironman 70.3 de Barcelone.

Vendredi matin, il est 7h et le réveil sonne. Petit déjeuner rapide avant de rejoindre l’équipe XTriathlon pour un périple de 6h afin de relier la petite ville de Calella où se situe la course.

A 15h nous prenons possessions des chambres puis direction le retrait des dossards. Pas grand monde, en 5 minutes c’est fait, ce qui nous laisse le temps de s’amuser aux différentes animations proposées.

Le soir venu direction la Casa à Carlos pour un bon plateau de charcuterie et de fromage, le tout accompagné d’une bière bien fraiche. Oui oui vous avez bien lu!

Samedi matin réveil tranquille puis direction le buffet histoire de se faire péter le ventre comme il faut. Ensuite passage sur le vélo pour aller visiter Calella et aussi reconnaître un peu le parcours. S’en suis un enchainement à pied pour débloquer les gambettes (il parait qu’il y a course le lendemain).

Samedi après-midi c’est mise au frais et repos avant d’aller déposer le bike et les sacs de transition au parc à vélo.

Samedi soir repas léger, et au dodo vite fait car le réveil sonnera à 5h… alors bonne nuit 🙂

Dimanche matin, réveil tôt le matin et c’est toujours aussi difficile. Descente au buffet pour enquiller le café. Je me réveille tant bien que mal.

A 6h nous prenons la direction du parc à vélo pour finaliser les derniers points de pré-course.

Un peu plus de 6h30 direction la plage pour un échauffement à terre, puis pour quelques coups de bras dans l’eau. Elle est fraiche, annoncée à 17 degrés, alors ça réveille un bon coup!

Premier coup de canon à 7h pour les pros. Cinq minutes plus tard c’est au tour des « Age Group ».

Je pars en tout premier rideau. Malgré quelques coups de pied et de main je parviens à me caler sur mon rythme.

Mais cela aura été de courte durée, ça bouge beaucoup dans l’eau et je dois relancer régulièrement. A chaque passage de bouée c’est un champ de bataille et ça castagne.

Bref une natation pas terrible où finalement je n’aurai pas pu vraiment poser ma nage comme je l’aurai souhaité. Arrive enfin la plage pour en finir avec cette partie aquatique. Les premiers mètres de plage sont en montée, et là boum, je m’écrase comme une merde qui sort du trou du cul d’un chien! Un bénévole m’aide à me relever et je reprends ma route de plus belle vers la tente de transition.

Bilan de cette partie de natation, je sors en 27’55 pour 1920m à ma montre.

Dans la tente c’est le chantier, le sol en bois est très glissant (avec l’eau qui le recouvre). Je manque de me replanter en récupérant mon sac! Une fois mes affaires de bike enfilée je prend la route vers mon vélo.

Facile de le repérer je vais droit dessus et direction la sortie de T1. Mais là aussi la montée en selle ne va pas se dérouler comme prévue. Mes chaussures sont clipsées sur le vélo et l’une d’elle c’est bloquée entre la pédale et le sol. Quoi que je fasse je n’arrive pas à tourner le pédalier! Descente de la selle afin de libérer cette chaussure récalcitrante puis je peux enfin partir.

A partir de maintenant les choses vont aller de mieux en mieux. Dès les premiers tours de roues les jambes répondent bien et la traversée de la ville de Calella se déroule sans encombres (malgré 3km de ville au revêtement laissant à désiré, de virages dangereux et autres ponts souterrains). Surtout je ne me fais pas doubler par les concurrents à mes côtés.

Nous voilà maintenant à la sortie de Calella et nous longeons le bord de mer, le paysage est magnifique. Au bout de quelques kilomètres nous plongeons dans les terres pour un périple d’une quarantaine de kilomètres de montées pour atteindre 700m d’altitude (et 1200m de dénivelé positif sur l’ensemble du parcours).

Les kilomètres défilent et les sensations sont toujours très agréables avec un cardio au top et des jambes qui tournent très bien.

Passage de la première bosse au 20è kilomètres et je ne me suis pas fait trop reprendre. Ensuite c’est un faux plat montant avant d’attaquer une belle grimpette d’une dizaine de kilomètres.

Cette montée sera la plus usante avec des pourcentages qui me feront repasser sur le petit plateau pour ne pas trop forcer. Je regarde quelques concurrents à mes cotés et ils en chient avec leurs roues pleines! J’en profite pour les doubler avec un petit sourire 😉

Passage du 40è kilomètres, et pratiquement la mi-parcours. Physiquement toujours au top. Je bascule dans une descente technique qui aborde une mention « Danger sur les 3 prochains kilomètres ».

En effet nous nous retrouvons sur une route sinueuse, étroite, avec un revêtement pas top et sous les arbres (ce qui crée de la buée sur ma visière). Encore une fois je rattrape quelques mecs équipés de roues pleines et qui descendent à faible vitesse.

Un peu plus loin j’aperçois une moto et un concurrent… ou plutôt une concurrente. Je me rapproche assez rapidement d’elle avant de découvrir qu’elle porte le numéro 76. A savoir que tous les numéros en dessous de 100 sont les pros, je viens donc de rattraper une pro (cela ne m’était jamais arrivé!).

Je continue ma petite balade tout seul. Ensuite c’est une partie en faux plat descendant et là je manque cruellement de dentition au niveau de ma transmission. Un paquet de 5 / 6 concurrents me double sans que je puisse faire quoi que se soit! C’est alors que je décide de lever le pied pour récupérer, me restaurer, en prévision du dernier petit col qui nous attend.

Nous voilà au kilomètre 65 et au pied de ce petit col de 5 kilomètres qui nous ramènera vers une partie du parcours que je connais déjà puisque les kilomètres 0 à 20 sont les mêmes de 70 à 90).

Ce que j’avais espérer arrive et je rattrape quelques concurrents dans ce col, ainsi que 2 pros femmes qui roulent avec un pro homme…

Je bascule en premier dans la descente et nous roulerons à distance réglementaire jusqu’au retour à T2. Bilan de cette balade cycliste, 2h43 et de très bonnes sensations!

Cette fois mes chaussures s’enlèvent sans problèmes et je file ranger mon vélo puis dans la tente pour enfiler mes bottes de septs lieux et ma visière (il est 10h30 et le soleil cogne déjà fort).

Je pars vite, surement même un peu trop vite car le premier kilomètre est avalé en 3’57. Comme je souhaite bouclé le semi en 1h30, soit une allure de 4’15/km en moyenne, alors je baisse le rythme et me cale vers 4’10/km.

Alors que je suis au 2è kilomètres, comme une bombe j’ai l’espagnol Javier Gomez qui me double. Après Dubai c’est la deuxième fois que ce chenapan se permet ce genre de chose! 😉

Impossible de se caler dans ses pieds plus de 10m, bon d’accord il court à 3’25/km

Du coup je continue mon petit bout de chemin tout seul, il n’y a pas grand monde sur le parcours encore, c’est agréable.

Voilà maintenant que je croise Arnaud du team, il est environ 1,5km derrière moi. Du coup je peux pas faire de pause pipi sinon il va me rattraper El Président!

Le parcours à pied se compose de 1,1km entre le parc à vélo (sortie T2) et la ligne d’arrivée puis de deux boucles de 10km. A ce stade je suis donc dans mon premier tour de 10km et les sensations sont correctes. Mes mollets commencent à durcir mais rien d’anormal.

Aux bout de 4km nous sommes presque sur la plage et je n’ai personne autour de moi. C’est une sensation particulière que de courir presque seul alors que la course compte 2600 participants…

Voici le demi-tour tant attendu pour me permettre de juger quelques écarts et c’est parti pour 5km dans l’autre sens. Nous sommes en plein soleil et il fait chaud. Sur les 10 kilomètres de la boucle seulement moins de 4km sont à l’ombre sous les arbres.

Kilomètre 10 et mon club de supporters est là, motivé plus que jamais! J’apprends que je suis dans le top 100. Difficile à croire vu le niveau relevé de la course, mais pourquoi pas…

Kilomètres 11 et à nouveau demi-tour! La prochaine fois que je passe là, c’est pour filer vers la ligne d’arrivée 🙂

Il commence à y avoir de plus en plus de monde sur le parcours et l’étroitesse à certains endroits rend le doublement de certains concurrents difficiles.

Cette fois je ne serais plus jamais seul sur le parcours. Je suis calé sur mon rythme de 4’15/km mais les jambes commencent à tirer.

Finalement les kilomètres défilent rapidement et je me retrouve au demi-tour du kilomètres 16. Cette fois je tiens le bon bout. C’est juste une ligne droite de 5 kilomètres vers la ligne d’arrivée.

Sauf que cette ligne droite devient de plus en plus difficile. Je vois l’allure qui baisse vers 4’20 puis 4’25 au 17è kilomètre.

Je m’accroche, il reste 4 kilomètres à faire soit environ 16′, alors c’est quoi de souffrir pendant 16′ quand je viens de faire 4h30 d’effort?!

Je sers les dents et aligne les pas les uns devant les autres, je saute le dernier ravito et je vois le demi-tour apparaitre… juste derrière la bifurcation vers la ligne d’arrivée. Je regarde le chrono et je suis à 4h44 et quelques secondes. Tiens si je tentais le sub4h45? Je mets le clignotant et c’est parti pour la libération!!! Mais je ne pourrai pas finir en sub4h45.

Je marche sur le tapis rouge puis sur le tapis Ironman. La ligne d’arrivée est juste sous mes yeux, à quelques mètres.

Personne derrière, personne à rattraper, alors je savoir et je tape dans les mains des spectateurs en feu.

Enfin le passage sous la ligne d’arrivée. Une course de plus au compteur, c’est ma cinquantième depuis ma reprise en 2014.

Je récupère ma médaille et découvre mon chrono de 4h45 et 25 secondes. Le classement je ne le connais pas encore.

Bizarrement j’ai faim (et j’ai soif) alors je me dirige vers l’espace restauration. Comme d’habitude le buffet Ironman est grandiose.

Ensuite comme d’habitude petit moment de détente au massage, c’est 10 minutes mais que c’est agréable pour se relaxer juste après la course.

Au nombre de concurrents dans la salle je commence à me dire que le top 100 est peut être réalisé. C’est alors que lorsque je me dirige vers le retrait du sac « Street wear » que je vois un panneau d’affichage qui indique les classements… et que je vois mon nom qui s’affiche à la 9è position de ma catégorie! In-cro-yable!!! Je suis les yeux grands ouverts et crois rêver. Je me dis que comme j’étais un des premiers à partir ce matin à la natation les classements vont évoluer au fur et à mesure des arrivées.

Ce n’est qu’un peu plus tard lorsque je retrouve mon fan club et un téléphone portable que je peux consulter le classement en live. Je suis toujours classées 9è de ma catégorie et 66è au scratch (incluant une quarantaine de pro au départ).

Maintenant se pose la question du jour… Ira ou ira pas? Ma catégorie à 6 slots disponibles et je connais déjà deux personnes devant moi au classement qui ne prendront pas le slot pour les Championnats du Monde 70.3, je suis donc potentiellement qualifié (il suffit qu’un seul devant moi se désiste) alors je vais répondre quoi si on me demande ???

Je resterai sur mon premiers avis, et après discussion avec Madame cela se confirme, je refuserai le slot préférant jouer pour celui de Kona lors de l’Ironman de Nice le 24 Juin prochain.

Maintenant la préparation pour mon objectif annuel a repris, et la machine à rêves tourne à plein régime…

Un grand merci à l’organisation du club de triathlon Ironman Barcelona, pour leur accueil, leurs sourires. Merci aux nombreux bénévoles, les forces de l’ordre et sécurité tout le long du parcours pour nous permettre de pratiquer notre passion dans d’excellentes conditions ainsi que mes partenaires.