Dubai, voilà une destination qui me fait rêver. Alors imaginez quand j’apprend en Juillet 2016 qu’un Ironman 70.3 se déroule en plein mois de Janvier à Dubai! L’idée de m’évader de la France, du froid, et participer à mon premier triathlon à l’étranger me tourne dans la tête. Rapidement ma décision est prise…


Nous sommes début Juillet, je réserve mes billets d’avion (ainsi que celui de ma compagne!), l’hôtel, et enfin je m’enregistre à la course. C’est fait! Le 27 Janvier 2017 je lancerai ma saison à Dubai sur un Ironman 70.3 !

Après mon marathon à Salon de Provence à la mi Novembre, il me restait plus qu’à récupérer rapidement pour me relancer dans la préparation de cet Ironman. Après quelques pépins physiques et un petit rhume je prends finalement la direction de l’aéroport de Marseille le mardi 24 Janvier au matin.

Courir à l’étranger nécessite un minimum d’organisation, notamment pour le transport du vélo. Passant par Lufthansa il m’était demandé d’enregistrer un bagage spécial vélo plusieurs jours avant le vol. Ce que j’ai fait, et la compagnie m’annonçait aussi un supplément de 200€. Au final lors de chaque enregistrement le bagage à vélo est passé sans soucis, et je n’ai jamais eu à débourser le moindre centime. Plutôt une bonne nouvelle. Par contre, comme beaucoup m’avaient prévenus, voyager avec son vélo c’est possible mais il faut bien le protéger.

Après quelques sueurs froides lors des escales, je n’ai au final jamais eu de soucis sur le vélo. A vrai dire je l’avais sur-protéger en rajoutant du papier bulle sur toutes les extrémités du vélo, et en insistant bien sur le dérailleur.

Une fois arrivé sur place, c’est la découverte! Premier pas à l’hôtel, montage du vélo, grosse nuit de sommeil…

Nous voici le 25 Janvier, je décide de tester le vélo et par la même occasion de me rendre sur le lieu de la compétition pour retirer mon dossard. Après quelques tours de roue je m’aperçois vite que faire du vélo à Dubai c’est impossible! Je tourne en rond, je me retrouve sur des voies rapides, sous des tunnels… bref après 45 minutes à tourner en rond je décide de rentrer à l’hôtel et j’irai sur le site de la compétition plus tard par taxi!

Mais encore une fois les choses se compliquent! J’ai pour seul information que le lieu de la compétition se déroule vers l’hôtel « Jumeirah Beach ». Une fois sur place pas plus d’information! Il faudra que je demande à plusieurs compétiteurs qui avaient trouvé le village Ironman où il se situe… et finalement il faut marcher une quinzaine de minutes pour y aller! C’est vraiment le gros point négatif de l’organisation, il n’y a pas de communication! Idem pour ce qui est du briefing, il a été mis en ligne la veille de la course. Pas terrible pour le prix pratiqué lors de l’inscription.

Une fois le package de course récupéré je vérifie le contenu et m’aperçois qu’il manque les sacs de transitions. Je demande à un bénévole, la réponse est simple, ils seront disponibles demain! Bref second mauvais point.

Nous sommes désormais le 26 Janvier, veille de course. Je me rends au parc à vélo pour déposer mon bike. J’en profite pour récupérer les sacs de transition, les préparer, et déposer l’ensemble. Nous sommes en fin de journée, il fait déjà nuit, c’est une ambiance très particulière qui règne à ce moment précis sur la plage.

Jour de course! Réveil à 4h du matin, et avec le décalage horaire pas encore tout à fait encaisser, ça fait mal! Petit déjeuner rapide, puis je retrouve d’autres athlètes de l’hôtel. Nous partageons ensemble une voiture pour nous rendre sur le site de course.

Nous arrivons sur place à 5h45. Le temps de finir la préparation du bike, des ravitaillements, de se préparer, puis direction l’échauffement et enfin la zone de départ de course qui se situe à une quinzaine de minutes à pied.

Enfin! Il est 7h15 et le bipper du top départ résonne juste à côté de mon oreille (rolling start). Le lieu du départ de la course est magnifique.

Je cours vers l’eau et m’élance pour 1900m de natation dans le golf persique. Dès les premiers coups de bras les sensations sont bonnes, je suis confiant et me place rapidement dans un groupe de bons nageurs. Les premiers 500 déboulent en 7 minutes. Par contre je trouve anormal que lors des rolling start des coureurs s’élancent dans les sas de moins de 35 minutes (pour un half) et nagent la brasse!


Le reste de la natation déroule un peu moins vite pour finalement sortir de l’eau en 29 minutes pour 1904m de distance. Je tombe des nues et crois que je suis dans les bras de Morphée mais non c’est bien réel je viens d’exploser mon record.

Transition cool, je prend le temps de bien m’habiller et m’équiper pour le vélo, avant d’enfourcher mon fidèle destrier et de m’élancer pour 90km dans le désert.

Dès les premiers coups de pédale je sens que quelque chose ne se déroule pas comme je l’espérai. Je suis « collé » à 34km/h avec un cardio juste au dessus de mon allure half…

Après réflexion le soucis ne vient pas de moi mais tout simplement du vent qui me souffle en pleine face! 🙂

Et cela va durer pendant 45km… c’est long et épuisant pour les jambes car la course est pratiquement plate ce qui ne laisse aucun répit aux jambes pour se reposer.

Malheureusement dans ces conditions je me fais doubler bien trop souvent par des groupes des cyclistes qui doivent se croirent sur une cyclosportive et non pas sur un triathlon Ironman. Face à ces comportements anti-sportif c’est un sentiment d’énervement et de colère qui m’envahit.

De plus les arbitres semblent bien désemparés face à ces situations et les cartons ont bien du mal à sortir. Au final c’est quand même une centaine de disqualification qui aura été distribuer.

Je commence à apercevoir les premiers coureurs pro arriver au loin, ils ont une dizaine de kilomètres d’avance sur moi. Surtout ils ont une voiture ouvreuse comme on en verra jamais en France! 🙂


Une fois passé le demi-tour, c’est une autre course qui commence! Les quadriceps sont chauds bouillants et ça tire dans les jambes.

Heureusement cette fois le vent va m’aider. Les kilomètres s’enchainent à une vitesse fulgurante. Je suis très souvent au dessus des 50km/h. Les records tombent puisque je ferai les 20km en 25’33, les 40km en 55’10 et les 50km en 1h12. Au final la partie bike est bouclée en 2h24. Nouveau record mais aussi une petite déception car je visai une vitesse moyenne de 38km/h pour finir en moins de 2h20. Le vent et un manque de forme ne m’aura pas permis d’atteindre cet objectif.

De retour au parc à vélo direction la tente pour me changer et enfiler mes baskets. Contrairement à Javier Gomez qui va boucler son semi-marathon avec un chrono impressionnant de 1h10, je vais connaitre bien plus de difficultés!

Les deux premiers kilomètres s’enchainent bien et à l’allure que je souhaite. A savoir moins de 4’15 au kilomètre pour boucler le semi-marathon en moins de 1h30 et mon premier half Ironman en moins de 4h30.

Finalement le corps en décidera autrement. Au bout de seulement 3km les jambes commencent à être raides et il devient difficile de les lever.

Ensuite c’est le ventre qui commence à faire des siennes. Ai-je avaler trop de gels à vélo? Est ce un manque d’hydratation? Je n’ai pas la réponse. Au ravito je prend du coca, ça va mieux. L’ambiance sur chaque ravitaillements est extra! Ca danse, ça nous arrose, c’est motivant et je trouve tout cela génial!

Je passe les deux premiers tours en conjuguant mes douleurs et l’envie de réaliser une belle perf.

C’est un peu plus tard lors du troisième et dernier tour que mes espoirs vont s’envoler avec un arrêt forcé à la case toilette. Je repars avec la sensation d’aller bien mieux mais les 4 kilomètres restants se feront à la même allure et sur la fin j’avais bien du mal à lever les jambes… heureusement que l’arrivée ne c’est pas faite au sprint!

Pour la première fois, je me suis assis immédiatement à l’ombre de la ligne d’arrivée pour récupérer et reprendre mes esprits après ce semi bouclé en 1h35. C’est d’un air inquiet que les secouristes sont venus me voir pour savoir comment j’allais. Rien de grave, probablement un coup de chaud? C’est au moment de se remettre sur pied que se fut plus difficile et où j’ai pris conscience que j’avais encore mes deux jambes… très raides!

Je file récupérer ma médaille de finisher, les cadeaux et mon sac de change pour me mettre au chaud.

Le lendemain matin les jambes sont encore bien raides et marcher est plus si naturel! Mais les souvenirs de la veille sont partout dans la tête. Heureux d’être aller jusqu’au bout, d’avoir vécu à fond cette première course à l’étranger. Je revis encore ces moments lors de la course à pied avec tout ce public venu en masse pour nous encourager. Je revois encore cette pancarte tenu par un groupe de groupie « Pain is temporary, quitting lasts forever ». Quelques mots qui représente bien mon état d’esprit sur ces 21km et qui m’ont poussé à aller jusqu’au bout. Merci!

Avec le recul je ne regrette pas du tout d’avoir pris le départ de cette course mais je pense que je n’avais pas encore totalement récupéré de mon marathon de Novembre sans oublier les pépins physique et le rhume que j’ai eu quelques jours avant le départ qui ne m’ont pas facilité les choses.

Prendre part à ce type de course doit se faire dans une optique de plaisir mais pas de recherche de performance, ni même de qualification aux Championnats du monde car le plateau était plus que relevé. Ce premier voyage m’a aussi montré l’importance d’une bonne organisation notamment sur la logistique des transports entre son logement et le lieu de course car c’est un aspect temps et financier (taxi) à ne pas négliger quand il faut faire l’aller retour plusieurs fois dans la journée.

Lors de ces voyages à l’étranger il faut prendre en compte les conditions climatiques (+20 degrés par-rapport à quand j’ai quitté Marseille!) ainsi que le décalage horaire (+3h pour Dubai) qu’il faut encaisser et anticiper avec le réveil très tôt du jour de course.

 

Les chronos en détails:

En tout cas côté résultat je suis quand même satisfait de ce lancement de saison puisque je boucle cet Ironman 70.3 de Dubai en 4h34, à la 141è place scratch (sur 1518 participants) et 23è de ma catégorie (sur 167).

Maintenant que l’euphorie est retombé et que physiquement tout est rentré dans l’ordre et bien il est temps de se re-concentrer sur les prochaines échéances qui sont le semi-marathon de Marseille le 19 Mars puis l’Ironman 70.3 de Aix-en-Provence.

Un grand merci à tous les supporters et coach tout au long de cette course, mes partenaires, ma femme et à l’organisation (même si il y a encore quelques points importants à améliorer!) et les services de sécurité.

Rendez-vous à la prochaine course!